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Chapitre 9 | Comment calculer le coût du crédit accordé à un client

Chapitre 9 | Comment calculer le coût du crédit accordé à un client - page de lecture en ligne du manuel De la vente au cash, consacré au cycle Quote-to-Cash et au Credit Management.

Accorder un délai de paiement a un coût.

Ce coût n’est pas toujours évident, parce qu’il ne prend pas la forme d’une facture séparée. Il ne ressemble pas à une remise visible sur un devis. Il ne se voit pas forcément dans la marge commerciale. Pourtant, il existe.

Lorsqu’un client paie à 60 ou 90 jours, l’entreprise immobilise du cash dans une créance. Elle finance ce délai, supporte un risque de retard, consacre du temps au suivi, et prend le risque que le paiement arrive partiellement, tardivement ou jamais.

Le calcul du coût du crédit client sert à rendre cette réalité visible.

L’objectif n’est pas de construire un modèle financier complexe. L’objectif est de donner une méthode simple pour répondre à des questions très concrètes :

Un client à 90 jours est-il réellement rentable ?

Un délai long doit-il être intégré dans le prix ?

Faut-il accepter cette condition de paiement ?

Faut-il demander un acompte ?

Faut-il réduire la limite de crédit ?

Faut-il traiter ce client différemment d’un autre client qui paie plus vite ?

Pour répondre correctement, il faut regarder plusieurs éléments : le montant de la créance, la durée d’immobilisation, le coût du financement, la probabilité de retard, le coût de gestion et le risque de non-paiement.

Le point de départ : le montant financé

Le premier élément à identifier est le montant que l’entreprise finance.

Dans une vente à crédit, ce montant correspond généralement à la facture ou à l’encours client.

Si une entreprise vend 100 000 euros avec un paiement à 60 jours, elle finance 100 000 euros pendant 60 jours, en première approche.

Mais dans la réalité, il faut parfois raisonner plus largement.

Un client peut avoir plusieurs factures ouvertes en même temps. Il peut commander chaque mois. Il peut avoir des factures non échues, des factures échues, des litiges, des avoirs en attente ou des paiements partiels.

Dans ce cas, le bon montant à regarder n’est pas seulement la dernière facture. C’est l’encours total du client.

L’encours client représente tout ce que le client doit encore à l’entreprise à un moment donné.

Plus cet encours est élevé, plus le capital immobilisé est important.

Un délai de paiement sur une petite facture peut être peu significatif. Le même délai sur un client qui représente plusieurs centaines de milliers d’euros d’encours peut devenir un sujet majeur.

La première question est donc simple : combien d’argent l’entreprise accepte-t-elle de laisser temporairement chez ce client ?

La durée : combien de temps le cash reste immobilisé

Le deuxième élément est la durée d’immobilisation.

Un client qui paie à 30 jours ne consomme pas autant de capital qu’un client qui paie à 90 jours. À montant identique, le second immobilise le cash trois fois plus longtemps.

Il faut distinguer deux durées.

La durée contractuelle est celle prévue dans les conditions de paiement : 30 jours, 45 jours, 60 jours, 90 jours.

La durée réelle est celle observée dans les paiements du client.

La durée réelle est souvent plus importante pour l’analyse.

Un client peut avoir une condition à 60 jours mais payer habituellement à 75 jours. Dans ce cas, le coût économique réel doit être calculé sur 75 jours, pas seulement sur 60.

À l’inverse, un client peut avoir une condition longue mais respecter parfaitement ses échéances. Il consomme du capital, mais de manière prévisible.

Le coût du crédit client dépend donc du temps réel pendant lequel le cash reste immobilisé dans la créance.

Plus cette durée augmente, plus le coût augmente.

Le coût de financement : combien coûte l’argent immobilisé

Le troisième élément est le coût de financement.

Si l’entreprise doit emprunter ou utiliser une ligne court terme pour financer ses créances clients, ce coût peut être assez visible. Il peut correspondre à un taux bancaire, au coût d’un découvert, au coût d’un financement de trésorerie ou au coût de l’affacturage.

Même si l’entreprise n’emprunte pas, il existe un coût économique : le cash immobilisé aurait pu être utilisé ailleurs. Il aurait pu réduire une dette, financer un investissement, éviter un découvert, payer un fournisseur plus tôt ou renforcer la sécurité de trésorerie.

Pour simplifier, on peut utiliser un taux annuel de coût du capital ou de coût de financement.

Ce taux n’a pas besoin d’être parfait pour être utile. Il doit surtout permettre de comparer les situations.

Une entreprise peut par exemple retenir 5 %, 8 % ou 10 % selon son coût réel de financement, son contexte de trésorerie ou son exigence interne de rentabilité.

L’important est de comprendre la logique : si l’entreprise immobilise 100 000 euros pendant une partie de l’année, elle supporte un coût proportionnel au montant, au temps et au taux retenu.

La formule simple du coût financier

La formule de base est la suivante :

Coût financier du crédit client = montant de la créance × taux annuel de financement × durée d’immobilisation / 365 Prenons un exemple.

Une entreprise vend 100 000 euros à un client.

Le client paie à 90 jours.

Le coût annuel de financement retenu par l’entreprise est de 6 %.

Le calcul est le suivant :

100 000 × 6 % × 90 / 365 = environ 1 479 euros Cela signifie que le délai de 90 jours coûte environ 1 479 euros en coût financier théorique.

Si le même client payait à 30 jours, le calcul serait :

100 000 × 6 % × 30 / 365 = environ 493 euros La différence entre 90 jours et 30 jours est donc d’environ 986 euros.

Ce montant représente le coût financier supplémentaire lié aux 60 jours de délai en plus.

Ce n’est pas encore le coût total du client. C’est seulement le coût du temps financier.

Mais déjà, on voit que le délai n’est pas neutre.

Lire le coût en pourcentage de marge

Le calcul devient plus parlant lorsqu’on le compare à la marge.

Imaginons toujours une vente de 100 000 euros.

La marge brute est de 15 000 euros.

Le client paie à 90 jours.

Le coût financier du délai, avec un taux annuel de 6 %, est d’environ 1 479 euros.

Ce coût représente presque 10 % de la marge brute.

La marge apparente était de 15 000 euros. Après coût financier du délai, elle descend économiquement à environ 13 521 euros, avant même de considérer les coûts de gestion, les retards éventuels, les litiges ou le risque d’impayé.

Si la marge était seulement de 5 000 euros, le même coût financier représenterait près de 30 % de la marge.

C’est ici que l’analyse devient utile.

Un délai de paiement long peut être acceptable sur une vente fortement margée. Il peut devenir très lourd sur une vente à faible marge.

La question n’est donc pas seulement : “Combien coûte le délai ?”

Elle est aussi : “Quelle part de la marge ce délai consomme-t-il ?”

Le retard : le coût réel peut dépasser le coût prévu

Le coût calculé à partir de la condition contractuelle n’est qu’une première estimation.

Si le client paie en retard, le coût augmente.

Un client qui devait payer à 60 jours mais paie à 100 jours consomme 40 jours de financement supplémentaires.

Sur une facture de 100 000 euros, avec un coût de financement de 6 %, ces 40 jours supplémentaires coûtent environ :

100 000 × 6 % × 40 / 365 = environ 658 euros Ce retard peut sembler limité sur une facture isolée. Mais multiplié par des dizaines ou centaines de factures, il devient significatif.

Le retard a aussi un autre effet : il réduit la prévisibilité du cash.

Une entreprise peut organiser son financement si elle sait qu’un client paie toujours à 60 jours. Elle est plus exposée si le client paie parfois à 60, parfois à 90, parfois à 120.

La variabilité du paiement a donc elle aussi une valeur économique. Elle oblige l’entreprise à garder plus de sécurité, à mobiliser plus de financement ou à renforcer le suivi.

Le délai contractuel donne une base. Le comportement réel donne la vérité économique.

Le coût de gestion : relancer, suivre, résoudre

Le coût du crédit client ne se limite pas au coût financier.

Il faut aussi intégrer le coût de gestion.

Une facture à crédit doit être suivie. Il faut vérifier son émission, son échéance, sa réception par le client, son statut de validation, puis son paiement. Si tout se passe bien, ce coût reste faible.

Mais si le client paie tard, conteste, demande des documents ou règle partiellement, le coût de gestion augmente.

Les équipes doivent relancer, rechercher des informations, échanger avec le client, contacter le commercial, vérifier la commande, transmettre une preuve de livraison, traiter un litige, émettre un avoir, suivre une promesse de paiement ou rapprocher un paiement mal référencé.

Ce temps de gestion a un coût réel.

Il est rarement imputé à une vente précise, mais il consomme des ressources internes. Il mobilise la comptabilité client, le recouvrement, l’ADV, les commerciaux, les opérations et parfois le juridique.

Pour une méthode simple, l’entreprise peut estimer un coût moyen de gestion par facture ou par client.

Par exemple :

Une facture simple, payée à l’échéance, coûte peu à gérer.

Une facture relancée trois fois et partiellement contestée coûte beaucoup plus.

Un client qui génère régulièrement des litiges consomme davantage de ressources qu’un client fluide.

Même sans calcul parfait, cette logique aide à comparer les clients.

Un client rentable sur le papier peut devenir moins rentable s’il demande beaucoup d’efforts pour être encaissé.

Le coût du risque de non-paiement

Le dernier élément important est le risque de non-paiement.

Accorder du crédit signifie accepter que le client puisse ne pas payer, ou ne pas payer totalement.

Ce risque peut être faible pour un client ancien, solvable, régulier et bien suivi. Il peut être plus élevé pour un client nouveau, fragile, peu transparent, en retard ou situé dans un environnement économique instable.

Pour intégrer ce risque simplement, on peut raisonner en perte attendue.

La formule simplifiée est :

Perte attendue = montant exposé × probabilité de défaut × taux de perte en cas de défaut Prenons un exemple.

Une entreprise a 100 000 euros d’encours sur un client.

Elle estime la probabilité de non-paiement à 2 %.

Elle estime qu’en cas de défaut, elle perdrait 60 % du montant, après éventuelles récupérations.

La perte attendue est :

100 000 × 2 % × 60 % = 1 200 euros Cela ne signifie pas que l’entreprise va perdre exactement 1 200 euros. Cela signifie que le risque économique moyen, compte tenu des hypothèses, peut être évalué à 1 200 euros.

Ce raisonnement est utile pour comparer deux clients.

Un client très fiable avec un risque faible peut justifier un délai plus long qu’un client fragile avec un risque élevé.

Le risque doit être rémunéré par la marge, sécurisé par des conditions ou limité par une exposition raisonnable.

Une méthode simple en cinq étapes

Pour estimer le coût du crédit accordé à un client, on peut suivre une méthode en cinq étapes.

Première étape : déterminer le montant exposé.

Il peut s’agir d’une facture, d’une commande ou de l’encours total du client.

Deuxième étape : mesurer la durée réelle d’immobilisation.

Il faut regarder le délai contractuel, mais aussi le délai moyen réellement observé.

Troisième étape : appliquer un coût de financement.

On utilise un taux annuel simple, par exemple le coût bancaire, le coût du capital ou un taux interne retenu par l’entreprise.

Quatrième étape : ajouter les coûts de gestion.

On estime le temps de suivi, de relance, de traitement des litiges et d’administration du compte.

Cinquième étape : intégrer le risque de non-paiement.

On évalue, même de façon approximative, la probabilité de perte et son impact potentiel.

Cette méthode ne donne pas une vérité parfaite. Elle donne un ordre de grandeur. Et dans la décision commerciale, un ordre de grandeur vaut mieux qu’une intuition.

Exemple complet : client à 90 jours

Prenons un client qui souhaite acheter pour 100 000 euros avec un paiement à 90 jours.

La marge brute de la vente est de 20 000 euros.

L’entreprise retient un coût de financement annuel de 6 %.

Le client paie généralement avec 15 jours de retard.

La durée réelle estimée est donc de 105 jours.

Le coût financier est :

100 000 × 6 % × 105 / 365 = environ 1 726 euros L’entreprise estime également que ce client demande un suivi particulier : relances, vérifications, documents supplémentaires. Elle estime ce coût de gestion à 500 euros.

Enfin, le risque de perte attendu est estimé à 1 % du montant, soit 1 000 euros.

Le coût économique total estimé du crédit client est donc :

1 726 + 500 + 1 000 = 3 226 euros La marge brute initiale était de 20 000 euros.

Après prise en compte du coût du crédit client, la marge économique ajustée devient :

20 000 - 3 226 = 16 774 euros La vente reste probablement intéressante. Mais elle n’a pas la même qualité que si elle était payée à 30 jours, sans retard et sans coût de gestion particulier.

Cette méthode permet de rendre visible ce que le chiffre d’affaires ne montre pas.

Comparaison : client A et client B

Imaginons maintenant deux clients qui achètent chacun 100 000 euros avec une marge brute de 20 000 euros.

Le client A paie à 30 jours, sans retard, avec peu de litiges.

Le client B paie à 90 jours, souvent avec 20 jours de retard, et demande beaucoup de suivi.

Pour le client A, avec un coût de financement de 6 %, le coût financier est :

100 000 × 6 % × 30 / 365 = environ 493 euros Coût de gestion estimé : 100 euros.

Risque de perte estimé : 300 euros.

Coût total estimé : 893 euros.

Marge ajustée : 19 107 euros.

Pour le client B, durée réelle estimée : 110 jours.

Coût financier :

100 000 × 6 % × 110 / 365 = environ 1 808 euros Coût de gestion estimé : 700 euros.

Risque de perte estimé : 1 500 euros.

Coût total estimé : 4 008 euros.

Marge ajustée : 15 992 euros.

Les deux clients génèrent le même chiffre d’affaires. La marge brute initiale est identique. Pourtant, la marge économique ajustée est très différente.

Le client B n’est pas forcément un mauvais client. Mais il consomme davantage de capital, de temps et de risque. Il doit donc être piloté différemment.

Faut-il intégrer le délai dans le prix ?

Lorsque le coût du crédit client devient significatif, l’entreprise doit se demander si le prix doit l’intégrer.

Un client qui demande un délai long reçoit un avantage financier. S’il paie plus tard, il conserve son cash plus longtemps. Le fournisseur, lui, finance ce délai.

Il est donc logique de se demander si le prix proposé doit être le même pour un paiement comptant et pour un paiement à 90 jours.

Dans certains marchés, il sera difficile d’augmenter explicitement le prix. La concurrence peut imposer certaines pratiques. Le client peut refuser. Le rapport de force peut être défavorable.

Mais même si l’entreprise ne peut pas toujours facturer directement le délai, elle doit au moins savoir ce qu’il coûte.

Elle peut alors décider de plusieurs manières :

Maintenir le prix si la marge est suffisante.

Proposer un escompte en cas de paiement anticipé.

Demander un acompte pour réduire le montant financé.

Réduire le délai accordé.

Fixer une limite de crédit stricte.

Demander une garantie.

Augmenter le prix pour intégrer le financement.

Refuser la condition si la rentabilité ajustée devient insuffisante.

Le calcul ne donne pas automatiquement la décision. Il donne une base pour décider.

L’escompte comme outil de comparaison

L’escompte est une réduction accordée au client s’il paie plus tôt.

Par exemple : paiement à 10 jours avec 2 % d’escompte, au lieu d’un paiement à 60 jours sans escompte.

L’escompte permet de comparer la valeur du cash immédiat avec la valeur du délai.

Si l’entreprise accorde 2 % pour être payée 50 jours plus tôt, elle doit se demander si le coût de cette réduction est inférieur ou supérieur au coût de financement, au risque et au besoin de cash.

Dans certains cas, l’escompte peut être intéressant. Il réduit le BFR client, accélère le cash, diminue le risque et simplifie le suivi.

Dans d’autres cas, il coûte trop cher par rapport au gain de trésorerie.

L’escompte montre une idée importante : le temps et le prix sont liés.

Recevoir l’argent plus tôt a une valeur. Recevoir l’argent plus tard a un coût.

Les limites du calcul

Il faut rester pragmatique.

Le calcul du coût du crédit client repose souvent sur des hypothèses : coût de financement, délai réel, probabilité de défaut, coût de gestion. Ces hypothèses ne seront jamais parfaitement exactes.

Mais l’objectif n’est pas d’obtenir une précision absolue. L’objectif est d’éviter l’aveuglement.

Une estimation simple permet déjà de mieux décider qu’une intuition commerciale non chiffrée.

Elle permet de comparer deux clients, deux délais, deux conditions de paiement ou deux scénarios de négociation.

Elle permet aussi de sensibiliser les équipes commerciales : un délai de paiement est une concession économique, pas une simple facilité administrative.

Le calcul doit donc rester utilisable. S’il devient trop complexe, il ne sera pas employé dans les décisions réelles.

La bonne méthode est celle que les équipes peuvent comprendre et appliquer.

Le coût du crédit doit nourrir l’arbitrage, pas remplacer le jugement

Calculer le coût du crédit ne signifie pas décider automatiquement.

Une vente avec un coût de crédit élevé peut rester intéressante si elle ouvre un marché stratégique, renforce un client clé ou génère une marge suffisante.

Une vente avec un coût faible peut être refusée si le client est douteux, si la documentation est mauvaise ou si le risque juridique est trop important.

Le calcul donne une base rationnelle. Le jugement reste nécessaire.

C’est la logique posée dans la première partie du livre : le crédit client doit être économiquement justifié, compris, limité, rémunéré et piloté. Le Credit Management ne sert pas à éliminer tous les risques, mais à aider l’entreprise à choisir les bons risques et à éviter les financements subis.

Le calcul du coût du crédit est donc un outil d’arbitrage.

Il permet de passer d’une discussion vague, “ce client paie un peu tard”, à une discussion économique, “ce client consomme environ 4 000 euros de valeur sur cette vente, compte tenu du délai, du retard, du suivi et du risque”.

Cette précision change la qualité de la décision.

Application pratique : les questions à poser avant d’accepter 90 jours

Lorsqu’un client demande un paiement à 90 jours, l’entreprise peut utiliser une série de questions simples.

Quel montant sera exposé ?

Pendant combien de temps le cash sera-t-il réellement immobilisé ?

Ce client respecte-t-il ses échéances ?

Quel est notre coût de financement ?

Quelle marge la vente génère-t-elle ?

Quelle part de cette marge sera consommée par le délai ?

Le client génère-t-il des litiges ou des coûts de gestion particuliers ?

Quel est le risque de non-paiement ?

Le délai demandé est-il cohérent avec le marché ?

Pouvons-nous obtenir une compensation : prix, volume, garantie, acompte, limite ou engagement ?

Ces questions permettent de transformer une demande commerciale en analyse économique.

Elles ne ralentissent pas la vente. Elles évitent de vendre dans des conditions qui détruisent de la valeur.

Ce qu’il faut retenir

Calculer le coût du crédit accordé à un client consiste à rendre visible le coût du temps, du capital immobilisé, du suivi et du risque.

La méthode peut rester simple.

Il faut identifier le montant exposé, mesurer la durée réelle d’immobilisation, appliquer un coût de financement, ajouter les coûts de gestion et intégrer le risque de non-paiement.

La formule de base du coût financier est :

Coût financier = montant de la créance × taux annuel de financement × durée / 365 Ce calcul permet de comparer des situations. Un client à 90 jours ne coûte pas la même chose qu’un client à 30 jours. Un client qui paie en retard ne coûte pas la même chose qu’un client qui respecte ses échéances. Une vente à forte marge ne supporte pas le délai de la même manière qu’une vente à faible marge.

L’objectif n’est pas de transformer chaque décision commerciale en exercice mathématique complexe. L’objectif est d’éviter de traiter le délai de paiement comme une concession gratuite.

Un client à 90 jours peut être rentable. Mais il faut le démontrer.

Si la marge, le volume, le potentiel, la qualité du risque et la probabilité d’encaissement compensent le coût du crédit, la décision peut être justifiée. Si ce n’est pas le cas, il faut ajuster les conditions : prix, acompte, délai, garantie, limite de crédit ou mode de livraison.

Le crédit client devient sain lorsqu’il n’est plus caché.

Il devient pilotable lorsqu’il est mesuré.